Comment la paranoïa infiltre-t-elle les religions… en vous forçant à “jeter le bébé avec l’eau du bain” ?

En vous forçant à “jeter le bébé avec l’eau du bain” ?

Démonstration, par l’exemple, de la contagion délirante de la paranoïa

« La religion est l’esprit conscient de son essence (…). L’esprit fini, en se déterminant comme fini, se détermine comme infini en face de l’Esprit (…). L’esprit fini fait de l’Esprit infini son objet, le sait son essence. »

Hegel, Leçons sur la philosophie de la religion

Préambule

J’ai mis du temps à rédiger cette brève ; complexe, elle m’a renvoyée à la distorsion paranoïaque du langage, subtile, sophistique, et à l’épisode biblique de « La Tour de Babel » : croyant parler une même langue, les humains ne se comprennent plus, et se divisent.

Et plus j’avance dans mes réflexions, plus je me rends compte que c’est principalement cela, le langage, que la psychose paranoïaque détruit pour dissocier les humains et les conduire à s’entretuer.

Nous vivons à l’époque de la Tour de Babel, où tout est principalement confusion.

Tour de Babel

Peu après le Déluge, alors qu’ils parlent tous la même langue, les hommes atteignent une plaine dans le pays de Shinar et s’y installent. 

Là, ils entreprennent par eux-mêmes de bâtir une ville et une tour dont le sommet touche le ciel, provoquant ainsi Dieu, en se prenant pour lui. 

Alors Dieu brouille leur langue afin qu’ils ne se comprennent plus, et les disperse sur toute la surface de la terre. 

La construction cesse. La ville est nommée Babel, souvent assimilée à la sinistre Babylone.

La Tour de Babel vue par Pieter Brueghel l’Ancien au XVIème siècle.

Commençons, pour avoir les idées claires, par un petit rappel de définition, puisque je vais parler de l’infiltration paranoïaque des religions, et de ses conséquences, graves, pour l’humanité.

Définition de la paranoïa

La paranoïa est une psychose, fondée sur le déni de réalité, le délire interprétatif, la projection et le contrôle. 

Appelée « folie raisonnante » par les psychiatres Sérieux et Capgras au début du XXe siècle, cette folie piège : elle présente l’apparence de la raison, de la logique, du discours argumenté.

Le paranoïaque organise un délire de persécution, fondé sur l’interprétation négative des signes, des gestes, de tout ce qui lui paraît étrange. 

« Je suis victime d’une machination » dira le paranoïaque. Il persécutera donc ceux qu’il aura désignés comme ses propres persécuteurs, sur fond de mythomanie et de mégalomanie. Niant le passé, l’altérité, la différence sexuée, la paranoïa désigne des boucs émissaires à abattre, divise le collectif, espionne, supprime tout droit à l’intime et à la subjectivité. 

La paranoïa est un système clos qui prêche paradoxalement que c’est pour le bien de l’autre, l’empêchant ainsi de se défendre et le sidérant psychiquement. Elle se nourrit de la haine et de la manipulation érotisée des institutions, et notamment, de l’institution juridique. Tout est organisé autour du complot supposé d’autrui à son encontre, alors qu’en réalité, c’est bien le paranoïaque qui crée sans arrêt de nouveaux complots dont il attribuera l’origine à d’autres, ce qui justifiera des interventions supposées de « légitimes défenses ». Ainsi, la paranoïa est bien la pathologie maîtresse du totalitarisme et du harcèlement.

D’ores et déjà, une fois n’est pas coutume, je vous livre ma conclusion, choquante, mais que je vais soutenir par une argumentation qui devrait faire réfléchir, parce que nous sommes tous bel et bien sous l’effet de ces tentatives de manipulation de masse :

Quiconque fait allégeance au délire paranoïaque dans sa contagion par le langage, est manipulé et sous l’emprise de la contagion délirante, s’il soutient l’une (ou plusieurs) des thèses suivantes :

1° Il faut supprimer les religions

2° Il faut réformer les religions

3° Il faut admettre que les religions peuvent être violentes, et qu’il existe « un Catholicisme violent », ou « un Islam violent », ou encore un « Catholicisme fondamentaliste », ou « un Islam radical »

4° Il faut « se tourner vers l’avenir » et créer un nouvel Islam qui se désencombre du passé

Et sans doute bien d’autres thèses encore, je vous livre ici les principales, et surtout, celles que l’on peut défendre en ayant l’impression d’une bonne conscience, de soutenir une posture « bonne et belle », alors que c’est tout le contraire en réalité, et je vais m’en expliquer.

Car, pour qui a un minimum d’esprit critique et de discernement, il est aisé de reconnaître les processus de désignation d’un bouc émissaire (aujourd’hui, les musulmans, hier, les juifs, pour donner des exemples qui parlent à tous), et c’est à ce lecteur que je m’adresse, pour que nous allions ensemble vers la compréhension de processus d’aliénation plus subtils, mais néanmoins tout aussi redoutables, au délire paranoïaque.

La Croyance

L’être humain se nourrit de croyances.

Psychologiquement, il en a besoin, spirituellement, aussi.

L’athéisme est tout autant une croyance, il faut en être conscient.

Lorsque je suis née, mes parents souscrivaient au marxisme, et c’est tout autant une croyance.

Et dire « je ne crois en rien », c’est aussi croire que « rien » existe.

La croyance, en soi, n’est pas du tout un problème.

Le problème survient lorsque, en lieu et place de la croyance, surgit l’idéologie.

Et l’idéologie, sur le plan psychopathologique, est l’émanation délirante de la psychose paranoïaque.

Idéologie : définition

La paranoïa produit de l’idéologie, révèle que l’idéologie est ce liant délirant qui structure le groupe autour du dogme infaillible, celui de toutes les certitudes, en luttant ainsi contre les vécus mélancoliques. 

Le psychanalyste René Kaës (2016) la définit ainsi : « Porteuse de certitudes absolues, la position idéologique radicale ne tolère aucune transformation. Elle s’affirme, contre l’incertitude et l’inconnu, comme une pensée contre le penser ou comme une « authentique inaptitude à penser », par prévalence du déni et du désaveu. Elle commande une action et elle la justifie. Elle est impérative, soupçonneuse, n’admet aucune différence, aucune altérité et prononce des interdits de pensée. Elle est sous-tendue par des angoisses d’anéantissement imminent et par des fantasmes grandioses de type paranoïaque. […] La position idéologique radicale est une organisation narcissique fondée sur un déni collectif de perception de la réalité au profit de la toute-puissance de l’Idée, de l’exaltation de l’Idéal et de la mise en place d’une Idole, ou fétiche ». 

Kaës avance que l’idéologie organise des rapports de soumission à l’objet tyrannique, pour lutter contre les angoisses dépressives majeures, en l’occurrence, de type mélancolique.

Le problème du délire paranoïaque est qu’il modifie la perception et la représentation de tout.

Il tue tout et il vous force à condamner l’objet tout entier, alors que ce dont il s’agit, c’est du détournement de l’objet.

C’est pour cela que j’ai intitulé cette brève comment la paranoïa infiltre les religions et les détruit en vous forçant à “jeter le bébé avec l’eau du bain” ?

Je garderai cette ligne de pensée : cette psychose vous contraint à “jeter le bébé”, ce qui doit être préservé, ce qui est innocent, sacré, pur, dans l’allégresse et la joie divine, avec l’eau sale du bain.

Le projet paranoïaque est de jeter le bébé. Pour cela, il infiltre la religion.

C’est délirant, mortifère, meurtrier. C’est la guerre de la psychose paranoïaque.

Donc, à chaque fois que, même en croyant soutenir une thèse inverse, vous participez à « jeter le bébé », vous faites le jeu de l’ambition paranoïaque.

Je m’explique.

Quel est le rapport, quelqu’un peut-il me le dire, entre le soufisme et le salafisme ?

Entre Sœur Emmanuelle, qui a tout lâché du monde matériel, pour se consacrer aux pauvres du Caire, et l’Inquisition, toujours plus avide de richesses ?

Entre Saint-François d’Assise, qui donne son manteau à un pauvre, et le Vatican chargé d’or ?

Le rapport, c’est qu’ils expriment deux faces d’une même médaille : la lumière, et l’ombre.

La religion en ce sens n’est qu’un miroir de toute l’humanité, dans ses deux faces.

En voulant abolir les religions, en tuant les religions, l’on fait le jeu de l’ombre, qui veut tuer la lumière.

L’heure est au discernement, et je n’en peux plus de lire tant de bêtises, même de ceux qui croient savoir en disant que les textes disent cela, disent autre chose etc.

« Et tu as lu le Coran ? Et la virgule à tel endroit ? Alors pour, ou contre l’Islam ? T’as vu, il dit ça, c’est bien la preuve que c’est une religion violente, non ? »

Ceci témoigne d’une profonde ignorance de masse.

Saint-François d’Assise

Les textes sacrés, la religion, l’institution

Une religion, c’est quoi ?

« La religion est l’esprit qui se rapporte à lui-même, mais à son essence, à l’esprit véritable, qui est réconcilié avec lui et s’y retrouve », nous dit le grand philosophe Hegel.

La religion a pour objet Dieu. Dieu est amour.

Dieu est amour : que signifie l’amour ?

« Quand on dit : Dieu est amour, c’est une parole très grande et vraie, mais il serait absurde de penser cela aussi simplement, comme une simple détermination sans une analyse de la nature de l’amour. L’amour différencie deux êtres qui l’un pour l’autre ne se distinguent pas. Avoir conscience, avoir le sentiment de cette identité, d’être hors de moi-même et dans l’autre, voilà l’amour ; ma conscience n’est pas en moi, mais dans l’autre ; cet autre en lequel seul j’ai ma satisfaction et la paix avec moi-même – et je ne suis que si je suis en paix avec moi-même ; si je ne la possède pas, je suis la contradiction qui se divise, – cet autre, également hors de lui-même, a en moi seul sa conscience, et tous deux nous ne sommes que cette conscience de notre extériorité et de notre identité, cette intuition, ce sentiment, ce savoir de l’unité. Voilà l’amour et ce sont de vaines paroles si l’on parle de l’amour sans savoir qu’il est tout à la fois la différenciation et le dépassement de cette différence. »

Hegel, Leçons sur la philosophie de la religion.

Une religion est une croyance, qui s’érige en institution (l’Eglise, pour les chrétiens, par exemple, le terme signifiant « communauté, assemblée »).

L’institution édicte des règles, insère dans le règne humain, matériel, la spiritualisation des existences.

Du moins, en théorie.

Dans une institution qui fonctionne correctement, selon un rapport d’autorité, oui.

Lorsque l’institution commence à être infiltrée par le délire paranoïaque, des modes d’exécution pervers et du harcèlement, non.

Toute institution qui ne s’inscrit pas dans un rapport d’autorité, est vouée à se faire infiltrer par le délire paranoïaque et ses adjuvants pervers.

Que ce soit une famille, une entreprise, une religion, un Etat.

Une religion n’est pas la foi, chacun peut avoir la foi dans le divin, sans souscrire à telle ou telle religion, ce qui est d’ailleurs devenu mon cas.

Une religion est la foi instituée.

Donc, la religion qui, au sens étymologique, signifie « relier » les humains entre eux, est l’institution qui permet d’opérer cette liaison au moyen de la foi.

Dans l’institution est censé circuler l’esprit de Dieu.

L’Eglise est censée être une communauté instituée qui partage le même « esprit », la même vocation spirituelle.

En tant qu’institution, la religion possède une histoire, des savants, des exégètes, des herméneutes.

Il existe des textes dits sacrés, qu’il convient d’interpréter, au travers d’un savoir, de la maîtrise des langues d’origine du texte, de l’accès au symbolisme, à une sagesse.

Il existe, dans chaque institution religieuse, des interprètes de la parole de Dieu.

Des interprètes. J’insiste sur ce terme, car la langue divine des textes sacrés est une langue symbolique.

Ces interprètes sont des médiateurs entre le peuple de croyants et la parole de Dieu. Par eux se médiatisent la sagesse, la justice, l’humilité et la charité.

La religion, en tant qu’institution d’interprétation des textes, comprend des traducteurs, des exégètes (érudits et historiens des textes) et des herméneutes (interprètes).

A partir du moment où l’institution est infiltrée, seuls ceux qui sont les garants de la foi ne délirent pas. 

Les autres finissent par confondre foi et délire mystique…

Les vérités sacrées, divines, de nature symbolique ne sont donc pas à la portée de celui qui ne fait pas l’effort d’accéder au symbolisme.

Tous les jours, des gens qui n’y connaissent rien, qui croient avoir compris car ils ont lu en surface, sans travailler en profondeur, s’improvisent exégètes et herméneutes des textes sacrés !

Je rappelle qu’un livre dit « Saint » a une histoire, des traductions, une langue originelle, doit être travaillé au regard d’autres livres saints etc.

A partir du moment où l’on prend une citation, extraite du livre, sans le contexte, mal traduite, et prise au sens littéral, l’on fait injure au sacré du texte, qui ne se découvre que dans le mystère, la contemplation et l’étude…

Vous vous rappelez celui qui s’improvise expert dans le système paranoïaque ?

Eh bien, aujourd’hui tout le monde s’improvise expert de la Bible, du Coran etc.

Chacun donne son opinion sur des textes sacrés qu’il ne maîtrise pas. C’est gravissime !

Et voilà « le règne de l’opinion » que dénonçait Platon et qui fait le lit totalitaire de la foule qui croit savoir mais ignore tout.

Chacun y va de sa petite projection, et de sa grande incompétence…

Et ceux qui s’auto proclament experts sont les plus violents, bien sûr !

« Religion » signifie « relier » en latin (religare), ou “recueillir, rassembler” (relegere), la seconde étymologie serait la plus exacte.

Les religions sont faites pour rassembler les humains entre eux, et n’importe quel croyant. Les rassembler en esprit.

Leur conséquence, dès l’origine, a toujours été de libérer l’humain de l’oppression du pouvoir terrestre, et ceci fut insupportable pour ce dernier qui, non seulement persécuta les religions, mais encore, et bien pire dans ses effets, les infiltra. Que l’on pense à l’acharnement contre l’incorruptibilité de Jésus, et ce furent les mêmes en esprits qui colonisèrent en son nom quelques siècles plus tard !

S’improviser Dieu, penser, parler et agir au nom de Dieu pour en réalité véhiculer des paroles et des actes liés à la vengeance, à la violence et au meurtre est tout simplement fou et délirant. Cela relève du délire mystique.

Un contact intime et symbolique avec Dieu

La foi relève du vécu intime ; elle n’a que faire de l’institution, à moins qu’elle ne puisse trouver dans l’institution une médiation lui octroyant davantage de compréhension et de sagesse avec la parole de Dieu.

C’est cela, le rôle de l’institution religieuse qui sert le divin.

Si l’institution oppresse le croyant, lui dit comment il doit penser et vivre Dieu en lui, elle devient tout simplement “satanique”, c’est-à-dire que, là encore, le pouvoir terrestre pêche par démesure en s’improvisant pouvoir céleste, ce qu’il n’est pas.

Revenons aux textes sacrés.

Les textes sont écrits lorsque la religion s’institutionnalise.

Ensuite, ils sont réécrits, traduits, transmis.

Je suis bien placée, avec mes études de latin et de grec, pour savoir que des textes ont été trafiqués durant le Moyen-Âge par exemple, au moment de l’Inquisition, pour faire dire aux textes ce que la personne, le pouvoir ou l’institution désiraient qu’il dise…

Dans chaque religion institutionnalisée, les experts des textes, les savants, les érudits, ceux qui sont dédiés à la partie dite « ésotérique », c’est-à-dire mystérieuse, cherchent à saisir et interpréter correctement la parole de Dieu, laquelle s’exprime par des voies symboliques.

Lorsque la paranoïa s’infiltre dans une religion, elle s’attaque d’abord, dans le silence, à ses experts, à ses savants, à ses érudits. Elle les persécute. Elle les fait taire. Ensuite, elle s’empare des textes. Et comme la paranoïa est un délire d’interprétation, elle va interpréter les textes à sa façon, et va, de l’interprétation, faire un dogme. Un dogme est une opinion, présentée en vérité incontestée et incontestable. L’on est loin des heures d’apprentissage et d’humilité nécessaires à devenir un exégète et un herméneute des textes sacrés ! Comme à son habitude, le délire paranoïaque réécrit des textes, crée d’autres textes et les présente comme « sacrés ». Il pervertit des traductions, fabrique des néologismes. Et après, il dira « la religion, c’est ça ». Il y insuffle dogmes, supercherie, sophistique, mensonges, persécutions, divisions, clivages, et interprétations délirantes. Il trafique les traductions, les étymologies, toujours dans le sens d’un seul projet : la conquête et la guerre, qui sont le projet paranoïaque. Il dira « tu es pour ou contre ? », et “si tu es contre, je te tue”.

Dans l’inflation délirante, le paranoïaque se prend pour Dieu et persécute tous ceux qui, anciennement, introduisaient de la sagesse, du tiers, de la modération, et de l’étude des textes. Tous ceux qui prônaient, au sein de la même religion, l’humilité face à Dieu. Il introduit sa toute puissance. Son esprit de revanche, son délire de persécution.

Son premier ennemi sera la religion qu’il prétend incarner.

Mais surtout, comme la paranoïa est incapable de symboliser quoi que ce soit, elle prend les textes, au préalable trafiqués dans le sens qui lui convient, au pied de la lettre, et y projette tout ce qui caractérise cette pathologie : la haine, la division, l’anéantissement de la femme, la dévoration de l’enfant.

L’herméneutique

Salomon/Souleymane

Je vais prendre ici un exemple bien connu, et d’abord vous rafraîchir la mémoire sur le jugement de Salomon 

(extrait du Livres des Rois 3:16-28)

Un jour, deux prostituées viennent se présenter devant le roi Salomon. La première dit : « Mon roi, écoute-moi, je t’en prie. Moi et cette femme, nous habitons la même maison. J’ai eu un enfant à un moment où elle était là. Trois jours après, elle aussi a eu un enfant. Nous vivons seules dans la maison : il n’y a personne d’autre que nous deux. Cette nuit, le fils de cette femme est mort, parce qu’elle s’est couchée sur lui. Alors elle s’est levée au milieu de la nuit. Pendant que je dormais, elle a pris mon fils, qui était à côté de moi, et elle l’a couché dans son lit. Puis elle a mis son fils mort à côté de moi. Ce matin, je me suis levée pour allaiter mon enfant, et je l’ai trouvé mort. Quand il a fait jour, je l’ai bien regardé, mais ce n’était pas mon fils, celui que j’ai mis au monde. »

À ce moment-là, l’autre femme se met à crier : « Ce n’est pas vrai ! Mon fils, c’est celui qui est vivant ! Ton fils, c’est celui qui est mort ! » Mais la première femme répond : « Non ! Ton fils, c’est celui qui est mort ! Mon fils, c’est celui qui est vivant ! » C’est ainsi que les deux femmes se disputent devant le roi. Le roi Salomon dit alors : « L’une de vous affirme : “Mon fils, c’est celui qui est vivant. Ton fils, c’est celui qui est mort ! ” Et l’autre affirme : “Ton fils, c’est celui qui est mort. Mon fils, c’est celui qui est vivant ! ” » Puis le roi ajoute : « Apportez-moi une épée ! » On apporte l’épée. Le roi donne cet ordre : « Coupez l’enfant en deux et donnez-en la moitié à chaque femme. »

La mère de l’enfant vivant est bouleversée, parce qu’elle aime beaucoup son fils. Elle dit : « Mon roi, pardon ! Donne plutôt l’enfant vivant à cette femme. Ne le tue pas ! » Mais l’autre femme dit : « Oui, coupez l’enfant en deux ! Ainsi il ne sera ni à toi ni à moi ! » Alors le roi prend la parole et dit : « Donnez l’enfant à la première des deux femmes. Oui, c’est elle qui est la mère de l’enfant vivant. »

Tous les Israélites apprennent le jugement que Salomon a rendu. Ils sont remplis d’un grand respect envers le roi. En effet, ils constatent que Dieu l’a rempli de sagesse pour rendre la justice.

Salomon, par Pedro Berrugete (vers 1500)

Le sage herméneute qu’est Salomon sait interpréter le juste à partir de l’esprit.

Un paranoïaque aurait jugé à la lettre, et non à l’esprit, et aurait effectivement coupé l’enfant en deux.

Puisque le délire paranoïaque exclut précisément le symbole et le sens de la lettre, il désubstantialise systématiquement toute religion qu’il infiltre. C’est d’ailleurs son projet mortifère : tuer l’esprit où qu’il soit, et l’esprit est très présent dans les religions.

Aucune religion ne saurait se réduire à la lettre de ses textes, car précisément Dieu, ou son idée, est Esprit.

Lorsque la paranoïa infiltre les religions, les savants et les exégètes auto-proclamés sont des imposteurs, qui entretiennent à leur encontre un culte de la personnalité, avec des éléments mégalomanes et fanatiques.

Le délire mystique fait aussi partie de la paranoïa, qui se prend pour Dieu et allègue « alors, tu es pour ou contre Dieu (moi) ? Si tu es contre, je te tue », alors que le premier commandement divin, pour chaque religion du monde, est « tu ne tueras point ». Sinon, il s’agit de sectes.

Ne confondons pas de très grandes religions, pleines de sagesse et de spiritualité, avec des sectes.

Ne leur demandons pas de s’expliquer par rapport au délire paranoïaque, lequel crée une secte, infiltre ensuite l’institution religieuse pour lui demander de s’y soumettre.

Strictement, les mêmes mécanismes ont eu lieu durant l’Inquisition.
Sur le plan psychopathologique, ils sont identiques.

Amalgame

Le mot amalgame provient de l’Arabe amal al-gamāa : fusion, union charnelle.

En chimie, il désigne l’alliage liquide, pâteux ou solide formé à partir du mercure.

En alchimie, il désigne la combinaison entre le mercure et les métaux.

En imprimerie, il désigne l’impression simultanée sur une même feuille de travaux d’impression différents.

En sémantique, il s’agit d’un mélange d’idées, d’une mixture d’idées hétérogènes voire contraires, jusqu’à former une fusion d’idées abusive, telle que Juif/Sioniste, ou Musulman/Terroriste.

Par l’amalgame s’opèrent des glissements sémantiques des mots existants, jusqu’à leur faire dire le contraire de ce qu’ils désignent.

Le mot, par l’amalgame, est progressivement vidé de son sens, par des procédés sophistiques subtils, invoqués de travers, jusqu’à désigner le contraire de ce qu’il est censé désigner.

Doit-on accepter l’amalgame entre le Christianisme et l’Inquisition ?

Doit-on accepter l’amalgame entre l’Islam et ISIS (qui, d’ailleurs, est le nom d’une divinité égyptienne, connue dans le monde entier : tout ceci n’a rien à voir avec l’Islam mais avec des pratiques politiques occultes de destruction de l’humanité par la guerre, projet cher à l’expansion paranoïaque) ?

En matière de glissements de sens dans le langage, concentrons-nous ne serait-ce que sur le terme « Etat Islamique » : cette secte n’est pas un Etat, et n’a rien d’islamique ! Quelle imposture, et à partir du moment où vous consentez à nommer cette secte « Etat » et « islamique », vous êtes déjà entrés malgré vous, sous la contrainte, dans le délire paranoïaque qui modifie la représentation du réel, crée une néoréalité délirante par la langue. Et combien d’exactions se sont commises “en nomine patris, et filii, et Spiritus Sancti” ?

C’est parce que c’est délirant que la justice ne peut rien faire, et notre excellent juge anti-terrorisme Marc Trévidic l’a bien dit : « Une idéologie ne se combat pas par le Code Pénal ».

Rappelez-vous que le paranoïaque nourrit une passion de la justice, mais c’est la justice telle que lui la définit : il recrée une justice arbitraire, totalitaire, littérale, vouée à le servir uniquement, selon l’interprétation qu’il en fait. Non pas la justice divine, mais la justice délirante d’esprits paranoïaques qiu l’imposent à tous. Dieu se charge lui-même de faire justice, il n’a pas besoin des hommes pour le représenter, cela est encore démesure que de le croire…

Mais attention, parce que la paranoïa est un système, le délire se transmet même chez ceux qui croient lutter contre les fanatiques délirants. A partir du moment où ils consentent à céder sur la langue, ils ont cédé au délire. A partir du moment où ils consentent à dire que les musulmans doivent se justifier sur cette secte, alors qu’elle n’a rien à voir avec l’Islam, à part de s’en réclamer de façon délirante, comme un fan paranoïaque se réclamerait être Johnny Hallyday ou l’amant de Mylène Farmer, ils sont rentrés malgré eux dans le délire. Et évidemment, à partir du moment où ils pensent que les musulmans ont une quelconque parenté avec cette secte d’imposteurs et de fanatiques, et que les musulmans sont les mêmes personnes que les arabes, et que les arabes sont une entité unifiée, et donc à partir du moment où ils élargissent de façon indue, par fausses généralisations, l’identité du criminel, ils ont totalement souscrit au projet paranoïaque qu’ils prétendent combattre !

Je sais, ce que je décris est complexe.

Mais cela ne mérite-t-il pas un peu d’attention, de « sueur de l’esprit », pour éviter de rentrer dans des pièges qui nous conduisent directement à davantage de guerre, voire à une troisième guerre mondiale au regard de laquelle les deux premières seront des promenades de santé ?

Seuls les paranoïaques aiment la guerre, sont fascinés par la guerre, en appellent à la guerre, d’où qu’ils viennent, et d’où qu’ils soient. Les paranoïaques, et ceux qui ont succombé au délire paranoïaque.

L’on repère notamment la paranoïa au « pour ou contre », au clivage.

De mon analyse personnelle, le clivage en France est très présent depuis l’ère Sarkozy, les mécanismes pervers et paranoïaques sont montés en flèche dans le système français. Le clivage s’illustre par l’impossibilité de discuter des sujets sur lesquels il opère, par exemple, aujourd’hui dans chaque famille, les gens se disputent sur l’Islam, le terrorisme, les religions, les solutions à apporter, les solutions totalitaires ou pas etc. Cela veut dire quoi ? Que, lorsqu’il y a clivage, il y a psychose dans le collectif, et que, s’il y a psychose, il y a néoréalité délirante et glissements de sens, et que nous voici à l’heure de la Tour de Babel, plus personne ne désigne la même réalité, donc plus personne ne peut se comprendre, et à la fin, l’on doit être « pour » ou « contre » une réalité qui n’est même plus désignée ni définie correctement.

Et l’on fait le jeu du délire paranoïaque en ayant accepté implicitement ses interprétations délirantes.

Ce que je voudrais démontrer, par la présente, c’est que le fanatisme comme le rejet exacerbé des religions font partie de l’ambition paranoïaque visant à tuer l’esprit.

Ceci n’est pas nouveau.

Il faut rappeler, je le pense, les guerres de religion entre Catholiques et Protestants, les croisades et la colonisation sauvage du Christianisme, par exemple.

La Religion est, comme la Philosophie, comme l’Art : le lieu de « l’Esprit » (Hegel).

Nous ferions une grave erreur en rejetant les religions, ou la religion même.

Si nous rejetons les lieux de l’Esprit, que nous reste-t-il ?

Une spiritualité monocorde, que je trouve souvent très fade et manquant de profondeur pour ma part, et un athéisme qui n’est est pas moins une autre forme de religion qui ne dit pas son nom, car nier Dieu, c’est aussi se prendre pour lui, cela, les Grecs anciens ne s’y étaient pas trompés en nommant « démesure » quiconque prétend se passer du divin, ou le défier.

Peut-on revenir également aux origines de chaque religion instituée, avant qu’elle ne se fasse infiltrer par le délire paranoïaque qui veut sa peau, sa mort, et précisément, tuer la part spirituelle profonde comprise en chacune d’elles ?

Les origines parlent de la libération des peuples du pouvoir terrestre.

Parce qu’il existe un pouvoir céleste juste, alors le pouvoir terrestre arbitraire n’a plus de prise.

Toutes les religions monothéistes, avant de se faire infiltrer, parlaient de la réincarnation, dans leur corpus ésotérique. Intéressant, non ? Cela veut dire quoi, et pourquoi est-ce désormais caché au peuple ?

Que l’on répondra de nos actes devant une « justice divine », comme le disait Plutarque.

Car si nous devrons, quoi qu’il en soit, répondre de nos actes dans un futur plus ou moins lointain, dans une autre vie, nous allons devoir penser plus loin avant de faire n’importe quoi. Nous retrouverons ceux que nous avons agressés. Celui que nous avons tué dans le blanc des yeux reviendra, et pas seulement sous la forme de l’œil qui nous regarde dans la tombe…

Que de mensonges depuis des siècles sur les peuples !

Et les peuples continuent de se laisser manipuler avec l’infiltration des religions, et de consentir à tuer ce qu’est l’essence de la religion, alors que c’est précisément là même le projet paranoïaque.

Quel est le rapport, quelqu’un peut-il me l’expliquer, entre une décapitation sanguinolente, et Salomon/Souleymane ?

N’y a-t-il pas là la plus grande ombre face à la plus grande lumière ?

N’est-ce pas le lieu même de la religion que d’incarner la plus grande lumière contre la plus grande ombre, ce que les religions monothéistes nomment Satan, Sheitan etc. ?

La paranoïa infiltre la religion pour la matérialiser, lui ôter tout Esprit et donc toute connexion avec Dieu, et la réduire à une coquille vide de rituels dénués de sens, pour asseoir son contrôle total.

Mais c’est la même chose avec le matérialisme qui vous dit de renier les religions…

Nous devons respecter et préserver les lieux où souffle l’Esprit, parce que la nature première de l’humain est spirituelle, et que c’est précisément cette nature qui dérange les pouvoirs paranoïaques et oppresseurs.

Les rituels

Et parlons enfin des rituels. Chaque religion monothéiste a son « manuel de rituels ».

J’en ai rencontré beaucoup, juifs, musulmans et chrétiens, qui s’adonnaient bêtement à la pratique du rituel. Si l’on a une haute idée de Dieu, croit-on vraiment que Dieu s’attarde au respect détaillé du rituel ? Le rituel c’est un moment de spiritualisation de la matière. Cela veut dire qu’il s’agit d’introduire de la conscience, au moment du rituel, pour se retrouver en contact intime avec Dieu.

Faire la prière cinq fois par jour n’a aucun sens si c’est répéter en boucle des versets ou des sourates. Cela, c’est du contrôle mental et du déficit de symbolisation paranoïaques.

Le sens du rituel est de se retrouver dans son contact intime avec Dieu.

Jeûner au moment du Carême, de Kippour, du Ramadan n’a aucun sens si c’est seulement vécu sous l’angle de la privation et du mimétisme.

L’on jeûne pour se purifier de ses pêchés, l’on met de la conscience sur le rituel. Sinon, le rituel ne sert à rien et est : ridicule.

Ce qui est sacré a toujours traversé les siècles.

Des gens comme moi, comme d’autres, ont ce devoir de conservation du savoir et de la culture, et de transmission.

Le sacré est comme la nature.

Impossible de le soumettre, et quelle prétention démesurée que de prétendre y parvenir.

L’Esprit ne se détruit jamais, quelle que soit la logique d’expansion guerrière du délire paranoïaque.

L’Esprit est toujours plus fort que la matière, il anime la matière qui n’est plus rien sans lui, inerte.

La perversion de la pensée par le langage : exemples

Je vais donc reprendre l’exemple des quatre thèses principales qui sont aujourd’hui véhiculées à propos de l’Islam, pour montrer la contamination délirante, et ses effets à travers le langage.

Je n’ai délibérément pas pris des exemples grossiers qui apparaissent aisément à qui réfléchit un peu : « tous les musulmans sont méchants », ou « les « arabo-musulmans ( ?), il faut tous les tuer » etc.

Je prends des exemples plus subtils, des pièges dans lesquels des personnes de bonne volonté, de bonne foi, qui nourrissent la vie et l’amour, peuvent tomber. Car c’est ici que demain vous sera présentée une autre manipulation de masse, qui servira encore davantage le conditionnement et l’aliénation de l’humanité.

Les paranoïaques au pouvoir sont de grands stratèges, ne l’oubliez pas, et ils ont tous les pervers à leur service pour affiner la tactique.

Reprenons donc.

1° « Il faut supprimer les religions »

Je vous prépare une brève « Dieu et le diable concernent-ils la psychologie ? ».

L’infiltration paranoïaque des religions fait partie des ambitions du pouvoir terrestre lorsqu’il est transgresseur et harceleur car il s’agit pour lui de tuer toute transcendance, vécue comme une « désobéissance » à son totalitarisme.

Ne soyons donc plus complices inconscients de cette propagande paranoïaque qui nous dit que « sans les religions tout irait mieux ».

Non.
Sans la mystique Soufie, tout n’irait pas mieux.

Sans la parole du Christ, et des Evangiles, tout n’irait pas mieux.

Sans le Roi Salomon/Souleymane, tout n’irait pas mieux.

Ce discours est grossier, stupide, et fait le jeu précisément de ceux qui cherchent à abolir toute forme de transcendance, d’histoire et de culture.

Et il conduit à « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

2° « Il faut réformer les religions »

Cette thèse suppose que la religion en son sein comprend quelque chose de mal.

Nous l’avons vu, ce n’est pas possible, toutes les religions sont sacrées et proposent d’abord de ne pas tuer car elles ont pour objet l’étude de Dieu, qui est amour.

A la rigueur, il pourrait se dire « il faut réformer les institutions religieuses car elles sont infiltrées par des esprits malfaisants qui veulent les tuer ». Mais lorsque la folie crée une institution parallèle, qui se réclame plus légitime que la première, comment fait-on ?

Encore une fois, ne pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

3° « Il faut admettre que les religions peuvent être violentes, et qu’il existe « un catholicisme violent », ou « un islam violent », ou encore un « catholicisme fondamentaliste », ou « un islam radical » » (cf. le discours du Pape, en apparence irréprochable).

En vertu de toutes les déviances langagières que j’ai expliquées avant, non, il est bien clair que les religions ne sont pas violentes.

Ce qui est violent est l’infiltration paranoïaque (donc politique) des religions.

Le seul « Islam radical » qui vaille est le moment de la rencontre intime entre une conscience et l’idée de Dieu.

Dire « la religion est violente » revient à la définir par son contraire et à nous inciter, encore une fois, à « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Le philosophe Spinoza l’a parfaitement démontré : les « guerres de religions » qu’elles soient inter- ou intra-étatiques sont, sous le couvert de la foi, des guerres politiques, des guerres pour la suprématie d’une caste contre une autre.

4° Il faut « se tourner vers l’avenir » et créer un nouvel Islam qui se désencombre du passé

Mes cheveux se sont hérissés sur ma tête lorsque j’ai lu, d’un soi-disant spécialiste « éclairé » de l’Islam, qu’il ne servait à rien de revenir au califat andalou, et que cette « nostalgie » était parfaitement inutile car « rien de plus stérile que de vouloir fabriquer du futur avec le passé ! »

Comment même est-ce possible de fabriquer du futur si l’on ne s’enracine pas dans un passé ?

L’arbre, on le déracine et on le plante en l’air ?

Le bébé naît de nulle part ?

Vous voyez très bien là, comment malgré lui, un chercheur, un intellectuel, peut se laisser piéger.
Ce faisant, le projet paranoïaque est atteint : jeter le bébé avec l’eau du bain.

Conclusion

Le délire paranoïaque vise à tuer l’Esprit, partout où il s’infiltre, pour ne garder que la lettre.

Or, dans la Deuxième lettre aux Corinthiens (3, 6), Saint-Paul ne dit-il pas que la lettre tue mais que l’esprit vivifie ?

La lettre étant devenue une coquille vide sans esprit, le paranoïaque s’empresse de la remplir de son délire de persécution, de vengeance, pour justifier ses conquêtes et ses ambitions mortifères, jusqu’au contrôle absolu.

La conquête est du registre paranoïaque.

Bien sûr que les musulmans doivent être pédagogues, et expliquer que non, leur religion n’a rien à voir avec ce ramassis de paranoïaques meurtriers qui prennent les textes au pied de la lettre car il leur manque une dimension pour les interpréter, et un cœur pour aimer (je parle là davantage, dans toute cette affaire, des chefs de l’ombre, qui manipulent les détresses et les vulnérabilités, en conditionnant et en lavant le cerveau de ceux qu’ils envoient tuer et se faire tuer).

Mais pour que les musulmans puissent être pédagogues, encore faut-il que l’on puisse les entendre, et ne pas systématiquement disqualifier leurs paroles, en faisant précisément le jeu des fanatismes qui prétendent infiltrer cette religion.

Réduire l’Islam à une secte paranoïaque (tautologisme…), c’est faire le jeu de cette dernière.

Je lis des propos hallucinants sur Facebook.

Mes origines plurielles, ma capacité à embrasser l’esprit de la religion me fait dire que, nombreux qui se réclament chrétiens, ou musulmans, sont tout aussi fanatiques que ceux qu’ils prétendent dénoncer.

La religion est la pratique intérieure de la paix, de l’harmonie, et de la concorde, qui met en contact avec cette puissance supérieure infinie que l’on appelle Dieu, avec cette conscience de l’amour transcendant.

Nourrir la guerre en prétendant préserver sa religion : pensez-vous une seule seconde que Jésus aurait agi ainsi ?

Exporter la foi : dites-moi, quel sens cela peut-il avoir, dans la mesure où la foi est un dialogue intime et intérieur entre soi et le divin ?

Alors pourquoi, me direz-vous, pour finir, éviter de rentrer dans le délire ?

Après tout, si tout le monde délire, délirons en chœur, non ?

Au-delà de la simple nécessité de préserver sa santé mentale pour être présent au moment où le système paranoïaque s’effondrera de sa propre destruction, nous devons retrouver la conscience que nous avons une âme et qu’il est, sans aucune commune mesure ni comparaison possible, essentiel d’en préserver la pureté, ou de travailler à la retrouver.

J’en parlerai sans doute un jour, de ces mensonges qui concernent la recherche de l’immortalité terrestre, alors que l’essentiel est de respecter notre immortalité céleste.

Ces questions sont complexes, tout à la fois philosophiques et ésotériques ; elles nécessitent un développement à part entière.

Que faire ?

Face à la confusion générale des langues, à cette Tour de Babel dont je mesure chaque jour de plus en plus l’ampleur, il est fondamental de prendre un temps pour discerner correctement.

Discerner, dans la confusion générale, est fondamental.

Vous pouvez croire servir des forces de vie et, en réalité, être instrumentalisés là aussi.

La paranoïa est un délire très dangereux par ses effets de contagion.

Pour discerner correctement, il faut commencer par lire mon livre !

Puis, il faut essayer de prendre du recul, pour nourrir l’amour en soi, la charité et l’humilité.

Refuser de répondre lorsque vous êtes sommés de vous prononcer « pour » ou « contre » sans pouvoir introduire de nuances.

Ne pas perdre son temps à discuter avec des proches déjà empapaoutés dans le délire, ne serait-ce que par le déni, mais tenter plutôt de garder ses idées claires et de les communiquer à qui peut entendre.

Enfin, surveiller les paroles que vous prononcez, afin de ne pas diffuser malgré vous, dans votre propre langage, les idiomes du délire paranoïaque.

Lorsque l’humanité est divisée d’une part, entre ceux qui sont aliénés aux matchs de football, à la recherche de petits monstres en réalité augmentée sur son téléphone mobile, et d’autre part, ceux qui meurent sous les bombes, qui souffrent de famine, qui voient leurs bébés succomber à cause de l’inconscience de la première qui laisse faire ses dirigeants et accepte d’être manipulée et décérébrée, il faut bien dire qu’il y a urgence à défendre les sagesses antiques, monothéistes, la dimension avant tout spirituelle de l’humain, la conscience supérieure et l’idée de Dieu.

Et ceci, en Occident, où la lumière est tombée depuis bien longtemps…

IFrame

Le chant d’amour “Le Cantique des Cantiques”, entre le Roi Salomon/Souleymane, fils de David, et la Reine de Saba (la Sulamite), revisité par Rodolphe Burger, suivi d’un hommage au fabuleux poète arabe Mahmoud Darwich.

Ainsi se manifeste l’esprit…

Bibliographie conseillée

Bilheran, A. 2016. Psychopathologie de la paranoïa, Paris, Armand Colin.

Hegel, G.W.F. Leçons sur la philosophie de la religion, Paris, Vrin (tomes 1 & 2).

Kaës, R. 2016. L’idéologie. L’idéal, l’idée, l’idole, Paris, Dunod.

Spinoza, B. 1670. Traité théologico-politique, Paris, Flammarion, 1993.

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