Audace, risque et exemplarité dans le management

Mis à jour : 28 juil. 2020

3 janvier 2010


Le modèle de Jules César

Le bon chef est celui qui prend des risques. Dans la mesure où son destin individuel est la manifestation du destin collectif, il est celui qui prend le plus de risque pour l’idéal collectif qu’il se propose de défendre. Ce n’est qu’à cette condition qu’il peut se prétendre manager et le prétendre aux autres.


De surcroît, le bon manager sait être audacieux ; l’audace supposant une intuition et une créativité qui surprennent positivement les troupes. C’est aussi ce que l’historien Zvi Yavetz dit de César : « Les grands chefs de guerre de l’Histoire sont soit des hommes méticuleux et rigides, attachés au respect maniaque des règlements au camp et sur le champ de bataille, soit des esprits imaginatifs, imprévisibles et originaux. (…). Jules César était de la race de ces derniers, et il est permis de penser que ces qualités étaient chez lui innées et ne devaient rien aux manuels d’arts militaires » (Yavetz, César et son image, Les Belles Lettres, 1990, p. 184).


Enfin, le chef qui incarne l’autorité se doit d’être exemplaire. L’exemplarité est la condition nécessaire, indispensable, mais non suffisante, pour acquérir de la légitimité. A contrario, le manager illégitime fixe des règles qui ne sont valables que pour les autres.


Cette exemplarité vise à former les subordonnés, à les élever, à exiger d’eux qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes (ce qui, en passant, est une très grande marque de respect : je pense que tu es capable d’être meilleur encore).


Écoutons encore l’enseignement managérial de Jules César : « Plus important encore, César a su d’emblée commander par l’exemple. Avant chaque bataille il instruisait lui-même ses soldats, qu’il impressionnait en les traitant comme un maître d’armes ses jeunes gladiateurs. Aux moments difficiles, il stimulait leur ardeur au combat, par son assurance, son énergie et son sens de l’humour, et, lors du premier assaut, il n’hésitait pas à prendre la tête de ses troupes. Les hommes l’aimaient et le respectaient, sans qu’il n’ait jamais toléré la moindre entorse aux règles d’une discipline impitoyable. Tout au long de la guerre des Gaules, il n’y eut pas une seule mutinerie sérieuse parmi ses troupes » (op. cit., p. 185).


Qui eût cru que La Guerre des Gaules, ce livre parfois si ennuyeux pour les apprentis latinistes, aurait pu ainsi résoudre bon nombre de questions actuelles sur le management en déroute ?


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