top of page

Entretien d'Anneke Lucas par Ariane Bilheran pour l'Antipresse

Entretien avec Anneke Lucas, septembre 2023


Au regard des polémiques actuelles, concernant l’existence des réseaux pédocriminels, je publie, avec l’accord de Slobodan Despot, directeur du magazine de L’Antipresse, l’entretien que j'ai réalisé d’Anneke Lucas. Cet entretien a été réalisé en septembre 2023.


A six ans, Anneke Lucas a été vendue à un réseau pédophile.

Pendant des années, elle a été exploitée comme esclave et « vestale » sexuelle. Aujourd’hui, elle consacre sa vie à mettre en lumière cette « pyramide de la souffrance » où elle a failli elle-même être ensevelie. Anneke est une survivante et un témoin de premier rang sur l’un des pires maux de l’humanité. Son récit est dur et insoutenable. On peut le rejeter et fermer les yeux sur ce continent caché.

Mais un témoignage, rappelons-le, est une forme de preuve.

Une multiplicité de témoignages constitue une multiplicité de preuves, qui permettent de converger vers un faisceau de présomption, à partir duquel le Juge tranchera en son intime conviction sur la réalité ou non des faits criminels.

Combien de témoignages faudra-t-il pour créer le faisceau de présomption concernant l’existence de ces réseaux pédocriminels ?


https://antipresse.net/anneke-lucas-itineraire-dune-enfant-jetable/






Vous racontez avoir survécu à des abus rituels atroces, pouvez-vous nous retracer votre parcours ?


Il existe une organisation secrète d’une petite partie de l’élite mondiale, pour se maintenir au pouvoir sur le reste de la population. Cette organisation a une religion secrète, le satanisme, qui est une religion où tout est mis à l’envers (ce que l’on vit, ce que l’on croit, ce que l’on dit, ce que l’on montre). Dans cette organisation secrète, la pédophilie est un outil de pouvoir, de contrôle, de pression et de chantage.


Ma mère était malade, elle n’a jamais eu de diagnostic psychiatrique. Elle était psychopathe ; elle m’a vendue lorsque j’avais 6 ans à un réseau pédophile dont elle ne faisait pas partie, en Belgique. J’y ai été utilisée durant tout le temps où le chef de ce réseau était le ministre de la Défense nationale. M. Paul Vanden Boeynants.


À 6 ans, en 1969, j’étais exploitée pour tout et n’importe quoi. J’étais une enfant « jetable ». Ma vie n’avait aucune valeur, car mes parents n’étaient pas des gens importants et ne faisaient pas partie de ce réseau. J’allais à l’école, je revenais à la maison… Mais les week-end, des individus pouvaient me prendre et m’utiliser pour ce qu’ils voulaient, jusqu’à me tuer si tel était leur désir. Au départ, je devais mettre à l’aise les nouveaux venus dans le réseau, pour qu’ils me violent sans se sentir coupables. Je servais aussi les plaisirs extrêmement sadiques de certains aristocrates. J’ai été violentée pour produire de la pédopornographie.


À l’âge de 9 ans, j’ai été donnée à quelqu’un du réseau international, quelqu’un de très connu dans le monde, un Américain. Du 21 au 23 avril 1972, il y avait la rencontre de Bilderberg, en Belgique. Un rituel satanique a été monté en l’honneur de cet Américain, avec des messes en robes noires, au cours desquelles ces hommes de pouvoir ont tué un enfant. Cet Américain s’est pris d’intérêt pour moi. Il fut découvert que j’avais du sang royal, que mon père provenait des Huguenots en Hollande. Ainsi, j’étais toute destinée à devenir l’esclave de cet Américain, qui m’emmena avec lui aux États-Unis, et m’entraîna sexuellement.


Il avait identifié que j’avais certaines prédispositions, et il entreprit de les exploiter : j’étais promise à devenir une chanteuse et actrice célèbre en France, une esclave sexuelle pour les hommes les plus importants et les plus riches au monde. Je devais évidemment être suffisamment connue pour que ces hommes soient attirés par moi et paient cher pour m’avoir. Mon rôle était aussi de diffuser à la population des messages à caractère pédophile. J’ai alors reçu des cours de chant, et un entraînement un peu « spécial », avec une personnalité de la chanson française, très populaire en France. Cet homme devait m’écrire des chansons, être mon coach, mais aussi mon abuseur sexuel. Durant un an, j’ai été entraînée pour cela.


Je dois préciser que, les années antérieures, je savais pertinemment que mes agresseurs avaient tort. Or, après un entraînement en Allemagne pendant le mois d’août 1972, je ne savais plus où étaient le bien et le mal. Le lavage de cerveau fonctionnait. Je m’identifiais à ce personnage de fille starlette créé pour moi, c’était devenu confus. Dans le réseau belge, auparavant, les adultes étaient réellement méchants avec moi. Dans le réseau international, tout le monde était particulièrement gentil, prévenant ; on me flattait, on s’occupait de moi…


Les sessions de chant avaient lieu dans un sous-sol confortable en France, avec masseuse, coiffeuse, visagiste, etc. Il fallait me donner un look extrêmement sexy sans effort afin que les hommes veuillent tous coucher avec moi. J’étais promise à une grande carrière.


À 10 ans, j’ai donné mon premier concert. C’était en Italie, la semaine avant le 30 avril 1973, en présence de l’Américain, dans sa villa. Beaucoup de rituels étaient pratiqués, c’était le moment de mon induction dans le culte satanique. J’avais répété, pour cette performance, des chansons de Brel, de Piaf, etc. Le tout, de manière extrêmement sexualisée. Il y avait des stars venus des États-Unis, d’Europe, des personnalités royales, des chanteurs et acteurs connus… La crème de la crème. Lors de cette cérémonie d’initiation, j’ai dû tuer un enfant. Je n’en pouvais plus. J’ai traversé cette initiation, mais je me suis retournée ensuite contre l’Américain. Je me suis plainte à lui. C’est alors qu’il m’a rejetée de façon extrêmement violente. J’ai compris plus tard que, s’il avait beaucoup de pouvoir dans le monde, ce n’était pas le cas dans le réseau : il se sentait donc valorisé et narcissisé par les petites filles qui lui donnaient l’illusion du pouvoir. J’avais touché son point faible. Il ne m’a pas tuée, mais il m’a reprogrammée. J’ai passé plusieurs jours dans des cages et des donjons où le même docteur d’Allemagne de ma programmation « à succès » est venu me reprogrammer à « l’échec » : que je me sente humiliée, moins que rien, une merde totale. Ce docteur s’appelait Hans Harmsen. Financé par la fondation Rockefeller pour ses études sur l’eugénisme, il était aussi le directeur du planning familial en Allemagne. Il était nazi. Je n’ai jamais rien trouvé d’humain chez cet homme. J’ai été renvoyée en Belgique dans le réseau, et c’est là que commence mon livre. Un gangster, Patrick Haemers, m’a permis de sortir du réseau en 1974, quand j’avais 11 ans.



Ces réseaux pédophiles dont vous parlez sont très répandus dans les milieux de pouvoir.

Est-ce seulement en Occident ?

Peut-on parler d’un seul réseau tentaculaire ?


Il existe plusieurs réseaux liés à un réseau tentaculaire. À la tête du réseau, il y a certaines familles qui ont beaucoup de pouvoir, qui n’est pas nécessairement visible pour les populations. Quelqu’un qui est très connu dans le monde peut ne pas avoir beaucoup de pouvoir dans le réseau et vice versa. Mais tous les petits réseaux sataniques, les réseaux pédophiles occultes tenus par la franc-maçonnerie et d’autres sociétés secrètes (dont certaines dans des institutions religieuses) sont sous la coupe du réseau tentaculaire.

D’après mon expérience, sur le plan local, quelques personnes, qui de la police, qui avocat, qui docteur, qui maire, etc., ont le pouvoir dans leur village ou leur ville. C’est assez petit, mais ils sont liés par les enfants : ils font leurs transgressions en local et se protègent entre eux, pour être sûrs que rien ne sorte. Le secret permet de conserver le pouvoir. Ces individus utilisent leurs propres enfants pour les donner aux réseaux des plus grandes villes : c’est ainsi que beaucoup de ces enfants, qui viennent de ces réseaux locaux, ont vu des personnalités royales. Il me semble que c’est un grand réseau qui étend ses tentacules sur le monde.


Par ailleurs, même si je n’ai vu cela que dans le monde occidental, il faut souligner que les enfants proviennent de partout. Ces individus à la tête du réseau veulent le pouvoir global et soumettent des gens dans le monde entier : corruption, pressions suspectes, etc. C’est comme une grande mafia qui veut contrôler le monde. Le trafic des enfants représente une très grande partie de leurs affaires, pour le chantage politique sur des personnalités, et pour engendrer beaucoup d’argent. On s’en fout s’ils meurent.



La pédophilie est-elle poussée dans les mainstream et l’industrie du divertissement, pour endoctriner les masses ?


Quelqu’un de plus important dans le réseau que cet Américain devait lui donner la permission de créer ce personnage avec moi. Ils ont parlé devant moi de l’agenda pédophile à déployer sur les populations. L’Américain m’a présentée, alors que je n’avais que 9 ans, comme un exemple réussi de sexualisation infantile, comme si c’était naturel. Un véritable retournement pervers, car j’étais une esclave sexuelle depuis déjà trois ans.


Mon rôle était de contribuer à cet agenda : je devrais être une petite fille qui chante de manière sexualisée. Pendant mon entraînement, je chantais nue et mon entraîneur me touchait les parties génitales, afin que je devienne plus sensuelle. J’avais une voix très pure, mais il lui fallait me pervertir, c’était son rôle. La programmation avec les chanteurs ? Une petite fille sexualisée qui chante comme une adulte et appelle des hommes adultes à la sexualité. Ou bien des femmes adultes qui chantent comme si elles étaient des petites filles et appellent à la sexualité des jeunes garçons…


Cette programmation de masse, elle est partout. De nos jours, on essaie de trouver des excuses, de minimiser et de banaliser la pédophilie. Il y a cette idée que le pédophile souffre, qu’il serait né pédophile et ne pourrait rien y changer… Mais les enfants sont nés purs ! Toutes ces campagnes sont très bien organisées, il faut suivre l’argent : qui finance quoi ?


Un abuseur a été préalablement abusé dans son enfance. Pour se protéger psychiquement et survivre, il est obligé d’idéaliser son parent transgresseur, de se dire « maman avait raison de me violer ». Cette idéalisation normalise la transgression sexuelle des enfants. Certains enfants se rendent compte toutefois que cela ne va pas : ils reçoivent, en quelque sorte, de l’aide spirituelle. L’Américain qui m’a programmée fit avec moi les mêmes expériences dont Judith Reisman a parlé avec Kinsey : il prenait des notes et faisait des observations sur mes temps d’orgasmes. Chaque jour, il mesurait le temps pris pour que je jouisse, et je devais différer le temps de l’orgasme pour que je ne me concentre pas sur mon plaisir, mais sur celui de mes futurs agresseurs sexuels.


Avec la « pédagogie sexuelle » et « l’éducation sexuelle » dans les écoles, les enfants sont vus comme des êtres sexualisés. C’est de l’abus généralisé d’enfant. Les « pédagogues » initient les enfants à la sexualité, leur disent comment se toucher ; ces programmes parlent du plaisir et du droit au plaisir.

Il est évident que la suite sera de dire que les enfants peuvent consentir à une sexualité avec un adulte, que c’est leur « droit ». Dans la « philosophie pédophile », les prédateurs différencient un viol avec violence et un viol par séduction et manipulation (et dans ce cas, ils nomment cela de « l’amour »)… Le critère est le « plaisir » de l’enfant. Or, des enfants entraînés pour être des esclaves sexuels ont une jouissance physique. Ils subissent parce qu’il n’y a pas le choix, dans un état figé de sidération, mais pour surmonter la terreur, le corps enclenche une réaction mécanique [Note d’A. B. : des mécanismes similaires ont été constatés sous la torture].


Des enfants abusés cherchent à satisfaire les désirs de leurs agresseurs : si ces derniers désirent que l’enfant paraisse éprouver du plaisir, l’enfant s’y conformera. L’exposition à la pornographie crée du traumatisme puis de l’addiction, et des comportements transgresseurs par imitation. « L’éducation sexuelle », c’est la fabrication en masse de futurs pédophiles.

Dans cet agenda, on inverse la culpabilité : la victime est coupable de se plaindre. Il existe une propagande de négation des abus rituels, et des méthodes d’invisibilisation systématique de ceux qui parlent avec honnêteté. Il nous faut insister sur un point : lorsque tu as franchi la barrière, en tant qu’ancienne victime, et que tu es devenu agresseur, il est très difficile de guérir. Beaucoup de pédophiles savent qu’ils étaient victimes en tant qu’enfants, mais l’utilisent comme une justification. Cet apitoiement sur le sort des pédophiles fait perdre le sens commun. Il n’y a pas de demi-mesure : ou bien tu es assez fort pour protéger l’innocence, ou bien tu es trop faible.


Beaucoup de gens n’ont pas le courage de protéger l’innocence. Quand ils vont apprendre que ces notoriétés, ces artistes, stars, personnalités politiques sont des pédophiles, est-ce qu’ils vont l’accepter ? Le conditionnement de masse, avec ses influenceurs nous dit : au fond, ce n’est pas grave... Les anciennes victimes devenues transgresseurs banalisent aussi ces actes : elles n’ont jamais pris leur responsabilité.


Pouvez-vous nous parler de votre modèle sur la structure toxique du pouvoir ?


Je travaille depuis dix ans avec des survivants. Tellement de personnes ont vécu ces abus rituels… Elles ne trouvent pas de thérapeutes qui les croient, ou encore, tombent sur des journalistes qui veulent faire du sensationnel avec leur histoire.


J’ai créé un modèle psychologique appelé « Unconditional Model ». Tout le système du pouvoir n’est basé que sur du traumatisme qui n’est pas guéri.


Le plus malade est en haut de la pyramide, que j’appelle « pyramide de souffrance ». Ceux en haut de cette pyramide peuvent projeter leurs propres traumatismes sur les populations en-dessous d’eux, et cultiver la division. Si les gens se laissent diviser en eux et entre eux, ils participent à cette pyramide toxique. Mon modèle se focalise sur la prise de conscience de nos propres points aveugles qui sont autant de failles par lesquelles les gens se font manipuler par le contrôle mental.


Deux questions :

Où est-ce que je cède mon pouvoir en idéalisant autrui ?

Où est-ce que je cherche à exercer du pouvoir en dévalorisant quelqu’un ? Le jugement est le premier indicateur.


Le seul chemin est de nous guérir nous-mêmes de nos traumatismes, de déployer notre conscience, d’explorer librement nos mémoires. La seule façon de surmonter cet abus sexuel, où l’enfant s’est senti humilié, traité comme un objet, impuissant et à la merci de l’adulte, utilisé pour la jouissance de l’autre, c’est de retourner à l’endroit de cette blessure. J’ai développé des exercices et je vais sortir un livre sur la guérison. Il faut retrouver notre autorité sur nous-mêmes. C’est la seule méthode pour ne plus se laisser piéger par les manipulations du pouvoir.


Antipresse-408_-_Article_Ariane
.pdf
Télécharger PDF • 591KB

Pour suivre Anneke Lucas :

Son livre Quest for Love


50 témoignages de survivants des abus rituels dans les milieux de pouvoir :


Pour suivre Anneke Lucas

Son livre Quest for Love

50 témoignages de survivants des abus rituels dans les milieux de pouvoir



Posts similaires

Voir tout

Yorumlar


Yorumlara kapatıldı.
bottom of page