Le temps de la mort dans la psychose : un temps mythique ?

Mis à jour : avr. 9

4 décembre 2005


Bilheran Ariane. « Le temps de la mort dans la psychose : un temps mythique ? », in Canal Psy, 2007*.


L’expérience intersubjective de la psychose est celle d’un temps singulier. D’aucuns ont dit qu’il pouvait s’agir d’un temps figé (Madioni, 1998), d’un « temps des glaciations » (Resnik, 1999) : dans la psychose, le temps serait arrêté, comme sous le joug d’une fixation majeure. C’est à partir de cet étonnement que j’ai initié ma recherche de doctorat (en cours), avec la question suivante : s’agit-il d’une atemporalité, d’une ignorance du temps ou bien d’une temporalité autre ? Il m’est en effet apparu que la temporalité [1] psychotique ne s’inscrit pas dans ce que j’appelle « la temporalité sociale ». Cette dernière régit notre quotidien au sein de la société ; elle se caractérise par le temps des horloges, un temps chronologique, linéaire, irréversible, qui nous condamne à la finitude et à la perte (dont l’une des figures est la mort). Toutefois, la thèse du temps arrêté dans la psychose m’a semblé trop expéditive. C’est pourquoi le présent article se propose d’explorer une perspective féconde pour caractériser ce temps de la psychose : étudier la temporalité du mythe, telle qu’elle a été analysée par les anthropologues, pour voir dans quelle mesure elle pourrait, par analogie, nous éclairer sur la temporalité psychotique. Sans prétendre évoquer ici tous les aspects temporels du mythe ou ceux de la psychose, je souhaiterais, à partir de l’étude d’un cas clinique, en penser un aspect spécifique: celui du temps de la mort. Comment la temporalité mythique