Fragilisation de la position parentale dans l’exercice de son autorité et «syndrome d’aliénation»

Mis à jour : nov. 24

Novembre 2020


Texte reproduit avec l’autorisation de l’auteur, Laurence Leroy, psychologue (www.danse-intuitive.com)


A l’occasion des inflexions politiques actuelles en matière de « santé publique » (masques etc.) et de « lutte contre le terrorisme » (IEF en voie d’interdiction).

Les obligations actuelles de L’État dictant et infantilisant les parents dans la conduite à tenir auprès de leur enfant et adolescent ont un impact inévitable sur la qualité de la relation entre parents et enfant.

En interdisant l’instruction à la maison, la liberté d’action des parents se trouve entravée, la fonction parentale pourrait s’en trouver discréditée.

En ne laissant pas le libre choix aux parents d’évaluer ce qui est bon pour leur enfant, on les invalide dans leur rôle de parent, leur pouvoir de sentir, ressentir, de penser et d’agir, en supposant qu’ils ne sont plus ni prioritaires ni adéquats dans leur fonction première de protéger.

Lorsque l’État, l’enseignement tentent de s’immiscer dans l’autorité parentale, cela participe à l’affaiblissement voire à la chute de la figure d’autorité que représentent les parents. Cette figure d’autorité est pourtant fondamentale pour la structuration psychique et le développement harmonieux de l’enfant.

Peut-on parler d’une attaque du lien d’origine, de la construction identitaire au sein du groupe familial ?

Peut-on penser à une atteinte du processus d’affirmation de soi dans le noyau familial ?

L’enfant et l’adolescent se trouvent assignés à une fonction d’objet subissant injonctions sur injonctions, contraires à leurs besoins de repères, de sens, de cohérence et de sécurité, contraires à leurs élans spontanés.

Quand l’État se substitue à l’autorité parentale, nous assistons au renforcement du clivage, de la division au sein même de la famille.

Cela renforce un raisonnement manichéen où l’on apprend à l’enfant cette notion du bien ou du mal, du vrai ou du faux sans discernement et sans correspondance avec le réel.

L’enfant et l’adolescent deviennent objets d’instrumentalisation victimes des « pour ou contre ».

L’enfant pourrait être entraîné dans un conflit de loyauté, condamné à choisir entre les valeurs familiales ou les valeurs institutionnelles représentant de l’État, et donc soumis à une maltraitance psychique grave.

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On encourage l’adolescent à rejeter ses parents, ou à avoir un sentiment négatif sur eux, si ces derniers s’aventuraient à penser et à se positionner autrement ou au contraire se soumettaient à une forme d’obéissance maltraitante.

Ne forme-t-on pas nos enfants et adolescents par le biais des institutions et des obligations sanitaires à la pensée unique et une conformité du discours ?

Cette façon de faire, pourrait-elle avoir des conséquences psychologiques et s’apparenter à une forme d’aliénation mentale ou d’emprise psychique ?

Peut-on évoquer une étrange similitude avec celle d’un « État parent tout puissant aliénant » s’appliquant à dénigrer, disqualifier les parents légitimes ?

Notamment un État :

  • avec une personnalité narcissique et obsessionnelle, visant à rendre les enfants et adolescents dépendants de lui et de son discours,

  • avec une appropriation pathologique de tous par une infantilisation de la population en délégitimant toutes les pensées ou actions indépendantes des parents,

  • avec une autorité tyrannique sur les enfants et adolescents, amenant le risque d’une détérioration de l’image du parent en perte d’autorité,

  • avec une volonté consciente ou inconsciente de dégrader la relation parent-enfant,

  • avec une reconnaissance de « l’ État parent », conditionnée par la fidélité à sa pensée unique et à une obéissance sans faille (contre l’avis des parents),

  • en se débarrassant de toute culpabilité de leurs échecs d’État en projetant les torts sur la famille (ces jeunes supposés mal éduqués qui continuent à célébrer la vie, à s’unir, à serrer dans leur bras les grands-parents, ces supposés mauvais parents qui ne savent pas tenir leur ado ou enfants, ne jouant plus leur rôle d’apprentissage et d’intériorisation de la loi…), et en soulignant leurs manquements, défauts et failles,

  • en se déchargeant de toute responsabilité (suppression des moyens dans tout le secteur sanitaire depuis au moins 20 ans) tout en transférant ses responsabilités à la population sous peine de sanction pénale,

  • en discréditant, invalidant les parents pour tenter de détourner les enfants et adolescents, les incitant à prendre position contre ou à semer le trouble dans l’éducation.

Peut-on craindre ou avoir peur d’une augmentation du conflit intrafamilial organisé autour d’une politique sanitaire nourrie en ce sens où chacun est mis dans une équation impossible, un piège pervers ?

Par exemple, l’on peut citer : les parents des petits aujourd’hui masqués, désireux de les protéger mais pris au piège de leurs obligations au travail, les adolescents masqués désireux de s’affirmer mais conduits à choisir entre renoncer à cette expression ou s’identifier au groupe, propre à l’adolescence dans sa construction, ou encore des parents qui, voulant se positionner, sont désignés comme les nouveaux criminels hors la loi, ou des enfants qui sentent toutes les contradictions psychiques internes de leurs parents, etc.

Les décrets de l’État, peuvent-ils outrepasser le Droit de l’exercice de l’autorité parentale qui pour rappel « confère aux parents des droits et met à leur charge des devoirs vis-à-vis de leur enfant mineur. Ces droits et obligations se traduisent de différentes manières : veiller sur l’enfant, sa santé, son éducation, son patrimoine... Les parents ont un devoir de protection et d'entretien de leur enfant. Ils doivent veiller sur sa sécurité et contribuer à son entretien matériel et moral, c’est-à-dire le nourrir, l’héberger, prendre des décisions médicales, surveiller ses relations et ses déplacements... Chacun des parents doit contribuer à l’entretien de l'enfant (…) et des besoins de l’enfant.

Les parents ont un devoir d’éducation, ils doivent veiller à son éducation intellectuelle, professionnelle, civique... ». (Réf. service-public.fr).

J’encourage les parents à se réapproprier leur légitimité concernant leur autorité parentale, leur pouvoir d’amour, de protection, de décision, de bienveillance envers leur enfant.

J’encourage tous les parents à se faire confiance dans leur ressenti de ce qui est bon et juste pour leur enfant.

J’encourage les parents à exprimer et expliquer leur positionnement à leur enfant et adolescent tout en veillant à alimenter le dialogue, l’échange, l’ouverture.

J’encourage les parents à incarner leur puissance au service de la vie et de l’amour.

Laurence Leroy

Psychologue

Annexe, pour rappel

Article 26-3 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme

Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Article 13-3, Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturel

(16-12-1966)

Les États parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l’État en matière d’éducation, et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions.

Article 2 du protocole additionnel N°1 à la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales du 20 mai 1952

Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.

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