Totalitarisme sanitaire : “C’est pour ton bien”... Le mal radical

Mis à jour : juil. 27

13 mai 2020


“Le projet est de sauver l’humanité en tuant l’humanité en chacun de nous.” (Vincent, de ma page)
“Mais quel but pourrait bien justifier, dans les circonstances présentes, les moyens capables d’anéantir l’humanité?” (Hannah Arendt)

Nous pourrions dire aussi “le projet est de sauver l’humanité, en tuant l’humanité”.


Concrètement, là où je suis en Colombie, la quarantaine forcée depuis fin mars entraîne la faim réelle.

Pas d’aide sociale, pas de revenus, pas de retraite, pas de sécurité sociale, pas de chômage.

Les gens meurent de faim.

Les animaux aussi.

Vraiment, est-ce de la santé des peuples que l’on se préoccupe ?


Aujourd’hui, tout le monde est potentiellement coupable.

C’est la loi des suspects.

“Mon voisin est potentiellement contagieux, donc mon ennemi, donc coupable.

Et selon ma petite interprétation personnelle, je le dénoncerai et je l’agresserai.”

C’est ce qui m’est arrivé au magasin.


Ici, nous n’avons qu’un seul jour de sortie autorisé par semaine, masque obligatoire, prise de température à l’entrée du magasin (avec des appareils qui me donnent 35 degrés à chaque fois, mais aucune anomalie bien sûr), désinfection obligatoire des pieds et des mains.


Au personnel qui travaille, on prend la température régulièrement en leur pointant sur le front des appareils lumineux qui ressemblent à des micro-pistolets.

Alors, j'étais derrière mon cadis à la caisse, à 2 mètres de la personne avant moi qui a commencé à m’agresser pour me dire que je devais me mettre plus loin d’elle.

Elle est allée me dénoncer au vigile.

Sans doute avait-elle estimé que j’étais à 1,95 mètre et non à 2 mètres, c’est de l’estimation personnelle. Il y avait au moins un cadis entre nous et plus, et tout le monde avec masque et gants.

Cela ne l’empêchait pas à cette dame de se tenir tout prêt du vigile au moment de la dénonciation, mais lui, c’est différent, le vigile n’est pas contagieux lui, car il représente “la sécurité”, “l'autorité”, “l’ordre”. Ce n’est pas comme s’il croisait mille personnes ou plus à la journée, alors que moi je ne sors jamais de ma ferme et ne fréquente presque personne, en quarantaine depuis près de deux mois maintenant.


Hier, au marché la police est venue.

Le gouvernement avait dit que quelques professions pouvaient reprendre, avec une liste précise. Depuis 1,5 mois, il était temps, tout le monde agonise, sauf les grandes enseignes.

Alors, ces professions ont repris le travail, en essayant de mettre en place les règles d’hygiène imposées. La police a fermé les magasins, mis sous scellé la marchandise.

Il fallait avoir obtenu un “permis de travail” des autorités politiques.

Déclarer tous les protocoles d’hygiène. Il paraît qu’en plus il faut payer pour cela, et même si cela n’était pas le cas, cela nécessite un investissement, quel qu’il soit.


Tous les employés doivent être déclarés.

Or ici la plupart des travailleurs sont informels, personne n’a l’argent de payer les charges sociales demandées par l’État, il n’y a de surcroît pas assez de travail. Et pas d’assurance chômage.

La police a mis des amendes. A des gens qui n’ont pas pu travailler depuis 1,5 mois.

Qui ont des enfants, des familles, des anciens à nourrir chez eux.

Parfois des personnes invalides.

Les gens n’étaient pas au courant du “permis spécial” (personne d’ailleurs).

Ils se sont rebellés.

Des coups de poing de désespoir sont partis. Mais la force publique a maté ces insolents, notamment à coup d’amendes. A des gens qui n’ont pas d’argent car ils ne peuvent pas travailler mais veulent travailler.


Donc résumons.

Pour la santé publique, les gens n’ont pas le droit de travailler, donc de manger depuis des semaines, et lorsqu’ils souhaitent reprendre le travail, on le leur interdit en leur demandant d’investir un argent qu’ils n’ont pas pour reprendre le travail.


C’est comme aux taxis à qui l’on a demandé de vendre le véhicule, c’est-à-dire l’instrument de travail, pour manger durant la quarantaine (voir le témoignage de Claudia sur la fondation que je préside), de ce fait il est bien certain qu’ils ne pourront plus retravailler ensuite.


La “santé publique”, vraiment ?


Ne croyez pas que ce n’est qu’ici en Colombie.


Ceux qui portent une voix contradictoire, ou dissonante, ou simplement critique par rapport à la propagande dominante inquisitoriale sont persécutés. Et ça, c’est en Europe, déjà.

Il faut les faire taire. Interdit de penser ou de débattre.


Ils pourraient remettre en question la certitude délirante, instiller du doute.


IMPOSSIBLE !!!!!


“Le projet est de sauver l'humanité en tuant l’humanité en chacun de nous”, oui c’est un projet bel et bien paranoïaque. Merci Vincent de l’avoir dit aussi bien.


“Pour notre bien”, nos libertés sont supprimées.


“Pour notre bien”, l’économie chute de façon vertigineuse ; le travail est arrêté, les petits indépendants, les petits entrepreneurs et les plus vulnérables sont bien plus fragilisés.


“Pour notre bien”, des millions de personnes souffrent de la faim.


“Pour notre bien”, nous sommes divisés et accusés (tous suspects et potentiels porteurs d’un mal invisible).

“Pour notre bien”, les enfants vont être séparés de leurs familles (cf. déclaration de l'OMS et Marion Sigaut).


“Pour notre bien”, nous ne pouvons pas toucher une dernière fois à leur mort le visage des gens que nous aimons.


“Pour notre bien”, nos anciens sont isolés davantage, maltraités, laissés sans ressources comme ici voire abandonnés à leur sort ou pire, comme en France.


“Pour notre bien”... vous pouvez compléter la liste...


C’est sûr, c’est vraiment “POUR TON BIEN” ?



Merci Alice Miller.


Nota Bene, bonus philosophique : la fin (sauver le monde) justifie-t-elle les moyens (le maltraiter, l’affamer, le détruire...) ?


“C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal.” (Hannah Arendt)

Ariane Bilheran, normalienne, psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie, auteur de nombreux livres dont Psychopathologie de la paranoïa.

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