Des ancêtres et des couleurs
- Ariane Bilheran

- il y a 2 jours
- 9 min de lecture
La Licorne n°40 d'Ariane Bilheran, 15 juillet 2026.
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«Sur le tard du plus long jour de mai, quand les heures nocturnes sont bleues, brodées de vieil argent, entrer à vingt ans pour la première fois à Florence, et se dire à chaque pas, avec un bond du cœur au-devant de l’esprit: "Florence, je suis à Florence!" voilà de ces fêtes qu’on ne retrouve plus, et qu’on cherche à se rendre, toujours plus avidement, au cœur de la vie.»
André Suarès, Voyage du condottiere.

Lorsque j’organise les Académies philosophiques à Florence, j’essaie toujours d’arriver un petit peu avant, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Florence est une ville que j’aime parcourir seule, à la manière de mon cher André Suarès, et plutôt, lorsque la foule des touristes s’est repliée, à l’orée du jour, lorsque l’aurore pointe son nez sur l’Arno, ou la nuit. Et puis, je me sens le devoir d’aller saluer mes ancêtres, les Girolami, qui détenaient les évêchés de Florence, et ont encore un palais à leur nom, attenant au Ponte Vecchio, au couloir Vasari et aux palais des Médicis. La famille des Médicis avait eu besoin de contracter des alliances aristocratiques, et elle en fit avec les Girolami, une ancienne noblesse de haute facture, dont était issu le Saint Patron de Florence, Saint Zénobe.
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