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Des dangers d'une idéologie sanitaire

Dernière mise à jour : 27 août 2021


Médecin au chevet d’une malade. Bas-relief, IVe siècle avant notre ère – Musée du Pirée


Au hasard de mes recherches, je suis tombée sur un article de 2014, rédigé par l’historien Johann Chapoutot (cf. infra en pièce jointe, pour une lecture complète).


Cet article se nomme :

« Éradiquer le typhus : imaginaire médical et discours sanitaire nazi dans le gouvernement général de Pologne (1939-1944) »


Et je découvre alors, car en définitive jamais cette partie de l’Histoire ne m’avait été enseignée aussi clairement, que ce qui a justifié la persécution puis l’éradication des Juifs fut ni plus ni moins qu’une idéologie sanitaire.


Qu’est-ce qu’une idéologie ?


C’est une croyance délirante qui s’orchestre autour d’une folie raisonnante (produite par une paranoïa individuelle et/ou collective), et caractérise le totalitarisme selon Hannah Arendt.

Le totalitarisme n’existe en effet pas sans idéologie.


Et cette croyance délirante d’apparence pseudo-logique veut absolument que la réalité de l’expérience se plie à elle ; la pensée n’est plus régulée par le retour d’expérience ; elle s’impose en tant que certitude délirante sur l’expérience, interprète et déforme la réalité pour la faire plier sous sa folie, et la lire au travers du prisme de son dogme qui ne souffre d’aucune remise en question (cf. mon article « Terrorisme : Jeunesse, idéaux et paranoïa »).


Alors, tout simplement, je voudrais ici publier des extraits de cet article de Johann Chapoutot en incitant les lecteurs à aller lire en entier ce travail.


L’immense mérite de cet article en effet est, au-delà d’une reconstitution historique des faits qui ont conduit les Nazis à l’apogée de leur délire paranoïaque collectif, à savoir l’extermination de masse, de permettre de réfléchir au statut de ce qu’est une idéologie, qui plus est de type sanitaire, et comment l’idéologie orchestre le délire collectif et partant, organise le totalitarisme dans ses pulsions liberticides et mortifères, l’obsession xénophobe étant en définitive applicable aux épidémies, aux microbes et aux bactéries, puisque la psychose paranoïaque s'enracine aussi dans sa folie sur l’hypocondrie (crainte des maladies) délirante.


Ce qu’il convient de noter également, c’est qu’outre la propagande liée à l’idéologie sanitaire, justifiant les maltraitances, les persécutions et l’extermination massives, les Nazis créaient le problème (répandre l’épidémie) qu’ils prétendaient ensuite résoudre, pour « sauver » l’Allemagne.


L’on découvrira dans cet article la fermeture des frontières d’Allemagne, et la mise en place des certificats sanitaires et de visa sanitaire pour restreindre la mobilité des citoyens.


Je souhaite également rappeler que les couvre-feux, horaires de sortie, mises en quarantaine etc. ont fait partie des lois spéciales encadrant les ghettos juifs.


Et que les Nazis avaient assimilé l'épidémie de typhus à la peste, comparaison reprise par certains dirigeants politiques sur la situation mondiale vécue depuis début 2020.


Libre à chacun d’estimer que notre présent n’a rien à voir avec une quelconque idéologie sanitaire.

Libre à chacun de penser qu’il y a pire que le totalitarisme.

Pour ma part, je ne vois pas de plus grand danger pour l'humanité qu'un totalitarisme d'essence mondiale, avec son lot de destructions de masse à venir, qui font nécessairement partie du mode de pensée idéologique totalitaire.

L'avenir nous renseignera. Les véritables historiens feront leur travail.

Il est très rare de comprendre sur le moment les enjeux de sa propre époque, nous n'avons pas le recul.


C'est rarement sur le moment même d'une situation de panique que l'on y voit clair.

Et c'est aussi pour cela qu'il convient de se méfier des décisions politiques prises dans la précipitation sur la panique des peuples.


D’où viennent ces épidémies ?

Sont-elles aujourd’hui partiellement ou totalement créées, comment et par qui ?

Cette question peut-elle même simplement être posée, dans la mesure où l’Histoire nous a démontré que tout est possible, les Nazis l’avaient bien fait, en se posant en sauveurs pervers de situations épidémiques qu’ils avaient eux-mêmes créées ?

L’idéologie nazie, financée à l’époque par le grand Capital et de grands financiers et industriels est-elle définitivement morte ?

Y a-t-il une ou plusieurs idéologie(s) masquées véhiculées dans les médias de masse ?

Comment le pouvoir s’empare-t-il des épidémies pour orchestrer des régimes totalitaires ?

A qui profitent toute cette détresse mondiale, ces morts et ces souffrances, ces désastres économiques etc. ?

Certains s’enrichissent-ils davantage tandis que d’autres tombent dans la misère ?

Quelle est la chaîne de décisions, depuis le financeur et le commanditaire jusqu’à l’exécutant ?

Quelle est l’origine des toutes les premières décisions, et quelle est sa validité épistémologique ?

Quel est le bilan des décisions politiques prises ?

Est-on en train de basculer dans le totalitarisme, et quelle est la suite des prétentions politiques à masque sanitaire ?

Etc. etc. etc.


Chacun, en tant qu’esprit libre, a le droit de réfléchir à ses propres réponses, mais surtout de se poser les questions préliminaires à l’investigation, à savoir les 7 questions de Quintilien : Quoi, Qui, Quand, Où, Comment, Combien, Pourquoi, avant d’y ajouter la fameuse question de Cicéron : à qui profite le crime (cui bono) ?


La mesure, l’équilibre, la tempérance, le doute et la prudence sont souvent nécessaires pour éviter d’aventure de se retrouver malgré soi avalé dans une idéologie, lorsqu’elle s’emballe.

Et surtout pour pouvoir mettre des limites à ses folles prétentions.


Ariane Bilheran, normalienne (Ulm), docteur en psychopathologie



Extraits


Voici les extraits principaux de cet article, qui montre bien comment s'organise au fur et à mesure des années la montée en puissance de l'idéologie jusqu'à son apogée criminelle :


« La guerre à l’Est, qui commence le 01er septembre 1939 avec l’attaque de la Pologne, fut accompagnée d’une lourde artillerie discursive qui visait à présenter les territoires de l’Est (Pologne, puis URSS en 1941) comme ceux de tous les dangers biologiques : l’Est, terre sale peuplée de Slaves arriérés et de Juifs contaminants, et une terre biologiquement virulente. Y sévissent des pathologies inconnues en Allemagne, terre propre gouvernée par des médecins, patrie de Robert Koch et des vaccins. Les progrès de l’hygiène et de la science ont fait de l’Allemagne la patrie de la santé, ce qui éminemment positif, mais également dangereux, car les organismes allemands ne sont plus immunisés contre des affections désormais oubliées.


(…)


Les troupes allemandes sont prévenues du danger. Dans une série d’ordres, échelonnés de décembre 1940 à juin 1941, la Wehrmacht, les Waffen-SS et la police allemande sont instruits que tout, à l’Est, est facteur de mort : la nourriture, l’eau, les puits… mais aussi les « poignées de portes » ou, en cas de soif pressante, les « bras de pompe », autant d’objets manipulés par les ennemis et possiblement contaminés ou empoisonnés, que l’on aura soin de ne pas toucher ni effleurer.