"Nommer le Mal avec Ariane Bilheran" - Un article de Néosanté

Dernière mise à jour : 9 oct. 2021

Il y a dix mois, dans son numéro de novembre 2020, la revue Néosanté publiait une interview de la psychologue et philosophe Ariane Bilheran. Titre en couverture de cet entretien : « La paranoïa pandémique mène au totalitarisme ».


Avec des mots très forts, cette docteure en psychopathologie dénonçait la « déferlante totalitaire » orchestrée par les gouvernements sous couvert d’urgence sanitaire. Les propos d’Ariane Bilheran étaient tellement secouants que je les avais partagés en partie dans l’infolettre du 28 octobre. Aujourd’hui, c’est une nouvelle et longue interview de l’écrivaine française que je reproduis gratuitement et intégralement ci-dessous. Si je vous l’offre sans la monétiser, c’est parce que la lecture de ce texte m’a à nouveau ébranlé et que je trouve important de le diffuser largement. Dans son analyse de la « crise », Ariane Bilheran invite en effet à ne plus se bercer d’illusions et à prendre conscience d’une évidence : une bande de ploutocrates a pris le contrôle de la planète et se sert du covid pour instaurer une domination totale des populations. C’est bien une guerre qui a lieu, mais une guerre contre les peuples !

Se référant souvent à Hannah Arendt, l’auteure de « Psychopathologie de la paranoïa » ose également la comparaison avec le nazisme et souligne qu’il ne faut pas confondre « dictature » ou « tyrannie » avec « système politique totalitaire ». Les deux premières sont généralement éphémères tandis que le totalitarisme transhumaniste peut s’installer sournoisement dans la durée en supprimant progressivement les libertés et en faisant croire aux gens que c’est pour leur bien. Il est crucial, nous dit Ariane, de savoir discerner le Mal et de le nommer car c’est en nommant l’« illusion délirante » des pervers au pouvoir que nous pourrons leur échapper. Sinon, nous sommes peut-être partis pour une période très sombre de l’Histoire qui pourrait durer des siècles !

Cette vision peut sembler pessimiste mais Ariane Bilheran conclut pourtant l’entretien par un message réjouissant: il n’est pas indispensable de comprendre pour combattre et il y a beaucoup d’individus qui ont le courage d’entrer en résistance par instinct du bien et simple bon sens terrien. Si nous savons nous mettre en lien, nous organiser et nous préparer à « l’état de siège » (le paroxysme du harcèlement liberticide), elle nous voit bien gagner assez rapidement cette révolte décisive contre l’oppression covidiste. Comment ?

Elle distille quelques pistes et ponctue l’interview par une allusion au rôle des poètes engagés dans la lutte. Par curiosité, je suis allé voir quels étaient les artistes qu’elle cite et qui ont signé en 2015 la chanson « Para Cuando La Vida ?» (C’est pour quand la vie ? ». Je vous le donne en mille : il s’agit de HK & les Saltimbanks, les mêmes qui nous ont aidés à « danser encore » et à « leur dire qu’on s’aime » depuis le début de la mascarade plandémique. Il y a six ans, ce groupe précurseur résistait déjà à la folie morbide et mortifère qui s’emparait du monde ! Bonne écoute de leurs chansons et bonne lecture des percutantes paroles d’Ariane. Leurs consignes se rejoignent, il est temps de désobéir, se rebeller et passer à autre chose !


Interview d’Ariane Bilheran


On peut se demander si cette « guerre » contre le virus, annoncée par le président Macron, n’est pas devenue, à coups d’effondrement, une guerre psychologique vis-à-vis des peuples. Marion Bonny, ancienne femme médecin militaire formée aux maladies infectieuses et à la prise en charge de catastrophes sanitaires a même déposé une plainte à la Cour pénale internationale pour génocide économique, social, culturel… Vous avez une spécialisation dans l’analyse de l’art de la manipulation et les pathologies du pouvoir. Pouvez-vous nous présenter votre parcours et la façon dont vos études vous permettent de décrypter cette actualité ?

Ariane Bilheran : J’ai depuis toujours été plongée dans des environnements d’abus de pouvoir, ce qui m’a menée dès l’adolescence à penser les dérives du pouvoir, d’abord au travers de la philosophie morale et politique (Hannah Arendt et Hegel en particulier, puis j’ai fait un master de philosophie morale et politique en Sorbonne sur la maladie de civilisation selon Nietzsche) et ensuite à partir de la psychologie (harcèlement, manipulation, perversion, paranoïa). Durant une dizaine d’années, j’ai audité dans des entreprises de différentes tailles, cultures, pays, secteurs de métier, des cas de plaintes pour harcèlement. Cela m’a permis d’observer les collectifs lorsqu’ils se déconnectent du réel et laissent la place à des discours paradoxaux et sadiques. Je m’intéresse tout particulièrement à décrypter le mécanisme de « contagion délirante » entre individus et au sein des collectifs, mécanisme qui peut expliquer dans l’Histoire l’adhésion des peuples au totalitarisme et à différents crimes contre l’humanité. Par ailleurs, mes études à l’École Normale Supérieure de Paris, en Lettres Classiques, m’ont donné de l’assise pour analyser la sophistique dans les discours, c’est-à-dire la présence de « faux raisonnements », lorsqu’un raisonnement paraît vrai mais ne l’est pas. Cette corruption du raisonnement s’enracine dans une perte de sens du langage. Un exemple aujourd’hui est de qualifier de « non essentiel » ce qui n’est en réalité pas « utile » du point de vue de la production capitaliste. L’utile désigne un outil au service d’une production technique et/ou économique. Cela n’a rien à voir avec l’essentiel, qui parle de notre essence d’être humain. L’art et la culture en ce sens sont absolument essentiels pour notre humanité. L’on voit bien que le choix des mots vient pervertir ou non le raisonnement qui les emploie, et entraîne un nouveau rapport au monde, plus maltraitant. Je m’intéresse aussi depuis longtemps aux néologismes, c’est-à-dire à ces « mots nouveaux » qui sont souvent un marqueur de folie individuelle et collective, comme l’avait déjà repéré Lacan ; « Complotisme » en fait partie.


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Lire l'intégralité de l'interview sur le site Néosanté

Tous nos remerciements à Néosanté pour la diffusion sans censure de cette interview.


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Cet article est également consultable en allemand, sous le titre Das Böse benennen, sur le site https://www.rubikon.news/artikel/das-bose-benennen

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